Parmi les ami(e)s de la maison du Goupillou, on compte ceux du « canal historique » qui accompagnaient les hauts et les bas du lieu, bien avant qu’il soit une résidence d’artistes.
Il y a ceux qui y sont intimement liés, qui ont sué des larmes et des rires pour mener à bien leur projet d’écriture.
Et puis, il y en a du genre Sophie Bezard. Des pour qui la porte est grande ouverte dès que jouable, et qui partagent, avec les Goupils, Limoges et ses Zébrures* comme point de ralliement.
Théâtreuse viscérale ? Assurément.
Metteuse en scène ? Une évidence.
Comédienne ? Bah, oui.
Débusqueuse de textes à mots et à maux ? Absolument, grâce à son engagement auprès d’Eurodrame.
Voix ? De celles qui connaissent par cœur le chemin des studios de Radio France... Pour Invalides, changer à Opéra comme disait le poinçonneur.
Il va bien falloir qu’un de ces jours, les planètes s’alignent et que Sophie Bezard pose ses pas ici, en mode longue durée, pour causer jardinage, poupougner les mascottes Truffe et Gizmo et surtout accompagner un(e) dramaturge dans sa mise en scène future. Les Goupils adoreraient voir naître sur leurs terres, même partiellement, une pièce montée, des cris débridés, des rires déployés, des gestes engagés, des pensées inattendues, des connexions sans fil, des sortilèges bienheureux, des oxymores réconfortants, des gestes lumineux, des éclairages flous...
Fermons les yeux, imaginons, un matin, après une bonne nuit de sommeil et une bonne rasade de café, le binôme - voire le trinôme, si un(e) comédien est de la partie - descendant le chemin qui mène à Beaurecueil-Forge de la Poésie, retrouvant la salle Alcide Dusolier mise à disposition par les fidèles Goupils du déjà cité « canal historique » Jean-Noël Cuenod et Christine Zwingmann.
Là, ils repousseraient les limites, imagineraient sans concessions un idéal de mise en scène, rafistoleraient des bouts de textes pour que ça joue ou coule mieux, bidouilleraient un espace de jeu avec un vrai jardin et une vraie cour, boiraient d’interminables thés verts gingembrés avec les propriétaires du lieu et les passants... Bref, ça bosserait dur.
Objectif : propulsage de la pièce en devenir à Paris, Lyon, Limoges ou Pétaouchnok-les- Bains pour une Première.
Par Toutatis, ou mieux, par toutes les graines de bourraches germées et les parterres de violettes blanches transplantées*, que ce serait chouette !
En attendant, je vous laisse avec Dame Sophie.
Écoutez-la s’étouffer, scandalisée : « Tu parles même pas allemand ! » Il lui arrive d’être très colère devant la caméra ! Dans une vie sans caméra, les Goupils n’ont jamais vu la colère obscurcir ses yeux si bleus.
* In French, plaisanterie privée, désolé pour le lecteur perdu.